Je ne vais pas vous raconter toute notre histoire, elle serait trop longue
 Mais je veux en partager un fragment.
Cette maladie, je ne la nomme pas. Je ne l’aime pas, je la hais pour ce qu’elle nous a fait. Avec Camron, nous l’appelions notre Bagarre.

Quand elle frappe, la premiĂšre question est toujours la mĂȘme : « Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? »
Tout allait bien, peut-ĂȘtre mĂȘme trop bien : une famille unie, deux enfants, un travail qui roule
 Et puis, le 22 novembre 2022, tout a basculĂ©. Les cartes ont Ă©tĂ© rebattues. Notre Bagarre commençait.

DĂšs le dĂ©part, on nous a annoncĂ© que nous Ă©tions dĂ©clarĂ©s perdants. Mais peu importe. Nous avons choisi d’y croire et de nous battre jusqu’au bout.

Alors, on s’accroche Ă  l’espoir, aux priĂšres, Ă  la vie. Parce qu’elle est belle. Parce que Camron Ă©tait trop jeune. Parce que ce n’est pas la logique de la vie.
Les mĂ©decins rĂ©pĂ©taient : « Profitez
 » Une phrase que j’ai dĂ©testĂ©e.
Je prenais des photos de chaque instant, avec mon mari nous faisions voyager Camron, nous lui offrions tout ce qu’il dĂ©sirait.

Mais j’ai vite compris que profiter, ce n’est pas accumuler.
C’est savourer chaque petit moment : une conversation, un rire, un cñlin.

Dans la maladie, tout n’est pas sombre. On vit chaque instant Ă  1000 %. On ne remet rien Ă  demain. On s’arrĂȘte. On savoure l’instant prĂ©sent.

Mais tout est allé trop vite. La dégradation de son état. Les jours qui filaient entre nos doigts.
Jusqu’à ce moment terrible oĂč j’ai trouvĂ© la force de lui dire :
« Tu sais, mon chĂ©ri, si c’est trop dur, tu as le droit de partir. Tu t’es battu comme un guerrier. Je ne t’en voudrais jamais. Tu seras toujours dans mon cƓur, et moi dans le tien. »

Le lendemain, comme s’il avait attendu ma permission, son Ă©tat s’est aggravĂ©.
Je me sentirai toujours coupable d’avoir donnĂ© Ă  mon fils l’autorisation de mourir.

Camron avait cette phrase :
« De toute façon, si je meurs, cette maladie ne gagnera pas
 parce qu’elle mourra avec moi. »
Il avait cette logique.

Le 20 avril 2024, Camron est parti, entouré de nous, comme nous lui avions promis.
Mais son combat continue. Parce que, comme il le disait lui-mĂȘme, cette maladie ne gagnera pas.

Nous avons traversé cette épreuve douloureuse. La pomme est tombée dans notre jardin
 mais elle peut tomber dans le vÎtre.

Ne fermons pas les yeux. De plus en plus d’enfants sont touchĂ©s par le cancer pĂ©diatrique.
En ce mois de Septembre en Or, mobilisons-nous.

Déborah, maman de Camron